Alain Krivine « C’était un type bien »




"Ceque je retiens surtout de Maurice Grimaud, c’est la contradiction.Pendant les barricades, on connaisait sa fameuse lettre adressée auxforces de l’ordre : «Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même.»On disait qu’il était de gauche, plus ou moins lié aux socialistes.D’un côté, il est le chef des flics. Et il assume. De l’autre, c’est unhaut fonctionnaire républicain, de gauche. Il croit à certainesvaleurs. Grâce à cette contradiction, on a sans doute évité desdizaines de morts. Il suffit de voir ce qui s’était passé quelquesannées plus tôt avec Papon et les manifestants algériens. Nous- mêmes,nous savions jusqu’où il ne fallait pas aller. Notre service d’ordreavait empêché par exemple qu’on dévalise une armurerie à la Bastille.Sur le coup, on ne voyait que l’extrême violence des matraquages. Oncriait «CRS/SS». Rétrospectivement, non, les CRS n’étaient pas des SSet Grimaud n’était pas un fasciste. Le chef des flics, bien sûr. Auservice de l’appareil d’Etat. Donc, notre adversaire. Mais un type bien.

 


Le Nouvel Observateur"

 

 

Dans la rubrique "On pisse sur mai68" que les médias ont alimenté depuis plus d’un an avec l’anniversaire des 40ans, ces paroles de Alain Krivine sur le préfet Grimaud mort récemment sont importantes à plusieurs égards. Elle montrent déjà que le politique dit de "goche moderne" n’a pas peur de voir ces propos inconsistants repris et meme utilisés en tete de rayon de la propagande.

Deuxiemement elle est révélatrice de la non compréhension du marxisme, outil caractérisé par le mouvement et l’élaboration d’une critique réactualisé des événements mais toujours défini par une lutte des classes intangible et claire concernant notamment les éléments dirigeants de la nation. Le préfet Grimaud n’était pas le préfet Papon, mais au dela de cette fausse vérité les evénements de mai 1968 n’étaient pas les evénements de 1961 (Nuit Noire). Les populations d’Afrique ou des colonies ont toujours subi beaucoup plus durement la répression que les nationaux en France, et comme dans les régimes d’apartheid  (Etats Unis, Afrique du Sud…) un etre humain n’a pas la meme valeur selon sa couleur de peau ou conditions sociales en France. C’est d’ailleurs un principe récurrent du capitalisme. Aujourd’hui encore les territoires néo coloniaux français (Les Toms ) ont des règles bourgeoises totalement discrimantes et plus violentes qu’en métropole. Et plus encore les émeutes de 1967 en Guadeloupe et ces dizaines de mort juste une année avant mai 68 montre que la violence capitaliste est raciste mais que sa mémoire est sélective car Krivine a l’air d’oublier ces révoltes qui ont vite disparu de l’Histoire capitaliste.

Ensuite le slogan " CRS /SS" était tout à fait compréhensible car les policiers etforces de l’ordre avaient collaborés durant l’Allemagne nazi il y a àpeine une génération , comme la plupart des politiques de la quatrième république (Mitterand,…).

Enfin les dernières précisions apportées par E. Balladur secrétaire du cabinet Pompidou durant mai 1968 met à mal les explications de Krivine. Durant la grande manifestation à Paris, des divisions militaires été posté au abords de Paris et auraient pu à tout moment intervenir pour reprendre la ville manu militari. Le prefet Grimaud était peut etre qu’un rouage du système mais celui ci aurait pu décidé de la mort de centaine de personnes. Les grandes centrales syndicales ont été prevenu et ont calmé le jeu, les comportements de celles ci et des partis de gauche durant ces journées pourraient etre aujourd’hui analysé comme proche de la collaboration bourgeoise (mais est ce vraiment étonnant, car soutenir les syndicats aujourd’hui est plus proche d’un marxiste dogmatique qu’un marxisme réactualisé ). De meme si on revient sur le mouvement social ouvrier et étudiant de 1968, la violence n’a jamais atteind un niveau de guerre civile, car comme on l’a vu les manifestants étaient priés de ne pas faire d’action violente et de plus ils n’étaient pas armés. Il n’y a pas eut d’échange de tirs ou d’utilisation de bombes ou meme d’action sabotage, "ce rapport de force" controlé politiquement montre à quel point mai 68 est une révolution inabouti ou trahis depuis le départ, violence ou pas car elle n’a rien changé dans les mécanismes capitalistes d’exploitation.  De ce constat on aboutit tragiquement à des morts mais seulement du coté des manifestants (5 personnes ). D’ailleurs jamais les exécuteurs de ces personnes mortes ont été condamné. Alors qu’aujourd’hui Krivine parle d’un type bien pour un ancien prefet de police, laisse songeur.

Lorsqu’on voit des Cohn Bendit, Krivine anciennes idoles de mai68, il est sur que pour eux cette révolution n’avait pas les memes intentions et finalités que pour les ouvriers et enfants d’employés.

 

 

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